Les écrans : quels effets sur la santé des jeunes enfants ?

Un enfant sur une table en tain de jouer à la tablette

Les écrans sont multiples et omniprésents dans notre quotidien et dans celui de nos enfants. Ils ne sont ni bons, ni mauvais : tout dépend de l’usage que l’on en fait.

Pour autant, le temps passé devant les écrans détourne l’enfant de 0 à 3 ans de ce qui est essentiel pour son développement. C’est-à-dire, les activités qui impliquent son corps et ses 5 sens et qui lui permettent d’être en relation avec son entourage.

Découvrez quels sont les effets des écrans sur la santé des enfants et quelles solutions s’offrent à nous pour limiter les risques.

 

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La présence des écrans dans nos vies

Les écrans sont des fenêtres sur le monde, à disposition de tous, que nous avons rapidement intégrée dans notre quotidien. Bien plus que des gadgets, ce sont aujourd’hui des outils dont nous pouvons difficilement nous passer, que cela soit dans notre vie privée ou professionnelle. 

Force est de constater que nous sommes, pour la majorité, en permanence avec un téléphone à la main. Les enfants, eux, reproduisent nos gestes et n’attendent qu’une chose dès le plus jeune âge : pouvoir enfin accéder à ces outils qui brillent de mille feux.

Source de culture, d’actualité ou de divertissement, les bénéfices des écrans ne sont plus à prouver, néanmoins, les effets néfastes des écrans sont aussi bien réels, notamment chez les tout-petits.

Mais comment faire alors que les écrans semblent être une bonne solution pour occuper les enfants quand nous ne sommes pas pleinement disponibles pour eux. Comment faire, alors que les écrans proposent des contenus pédagogiques pour les plus jeunes. Comment faire, alors que les enfants réclament d’eux-mêmes un écran.

Un homme en train de payer avec son téléphone
Personne en train de faire du vélo avec comme GPS un téléphone

Combien de temps passons-nous devant les écrans ?

On compte aujourd’hui en moyenne 5,7(1) écrans par foyer, en France. Il est donc difficile de vivre sans. D’autant plus qu’aujourd’hui, les écrans font partie de nos habitudes de consommation, de nos moyens de communication ou de notre manière de nous divertir. Les écrans continuent d’affecter de plus en plus d’aspects de nos vies. C’est pourquoi nous finissons par passer en moyenne près de 4h par jour devant un écran dont 2h30 devant notre téléphone, selon le CSA, en 2021.

Par ailleurs, selon une étude Ipsos (Junior’s connect 2017), les jeunes sont également concernés par ce phénomène puisque les 7-12 ans passent en moyenne 6h10 sur le Web par semaine. Tout comme les tout-petits sont aussi concernés puisque les 1-6 ans passent en moyenne 4h37 sur le Web par semaine : soit 55 minutes de plus qu’en 2015.

C’est quoi la lumière bleue ?

La lumière bleue régule notre horloge biologique. Idéale en journée, elle est présente dans la lumière naturelle. L’exposition à la lumière bleue bloque la production de mélatonine, l’hormone du sommeil qui facilite l’endormissement. La lumière bleue artificielle générée par les écrans, à la tombée de la nuit, peut perturber la sécrétion de la mélatonine.

Pourquoi nous passons autant de temps devant les écrans ?

Nos modes de consommations évoluent

Vous souhaitez savoir pourquoi nous passons autant de temps devant les écrans : c’est en partie lié à l’émergence des plateformes de streaming. Elles sont simples d’accès, illimitées et proposent un large choix de contenus, bien plus qu’à la télévision ou qu’au cinéma. Ces quantités quasi-infinies de contenus nous permettent, si nous le souhaitons, de consommer sans interruption un nombre important de séries, films ou vidéos, quotidiennement.

Les réseaux sociaux, qui ont profondément modifié la manière dont nous consommons les contenus médiatiques ou même nos comportements d’achat, participent aussi grandement à augmenter notre temps passé devant les écrans et notamment les téléphones portables

Aujourd’hui, les réseaux sociaux ne sont plus uniquement des moyens de communication. Ils abritent tout un univers commercial et de divertissement illimité. Sur les réseaux sociaux, nous pouvons acheter des articles de seconde main ou trouver des billets pour un concert, consommer des médias et du divertissement, trouver un emploi et avoir un curriculum vitae digital. Les réseaux se sont développés à un tel point qu’ils répondent à un grand nombre de nos besoins. Ce qui nous pousse à les utiliser toujours plus.

Néanmoins, d’autres facteurs entrent en compte et nous incitent à consulter notre téléphone portable ou notre ordinateur plus souvent.

 

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Combien de fois par jour nous regardons notre téléphone ?

En moyenne, un adulte consulte son smartphone 221 fois par jour.

Les écrans peuvent être source d’addictions

Les « addictions comportementales » affectent les mêmes circuits cérébraux que les addictions liées à l’alcool, au tabac ou aux drogues. Le terme « d’addiction comportementale » ne peut pas être employé en tant que tel quand on parle d’écrans, car la notion d’addiction fait encore débat entre les spécialistes du sujet. Néanmoins, les scientifiques sont unanimes concernant l’existence d’usages problématiques liés aux écrans.

Ces problématiques peuvent être expliquées par certains de nos mécanismes neurologiques complexes (2) dans lesquels plusieurs systèmes de valorisation sont en compétition constante pour retenir l’attention. Les sites Internet, les applications ou les réseaux sociaux ont bien compris ces mécanismes et développent des techniques pour attirer le regard ou l’écoute grâce à des fenêtres pop-up, des flashes ou des montages vidéo accélérés, par exemple. 

De plus, une partie de notre attention est activée par la recherche de plaisir immédiat en un minimum d’effort. Ce mécanisme est aussi bien connu des applications, notamment des réseaux sociaux qui jouent sur le lien entre plaisir et récompense. Une étude menée par un professeur de l’UCLA (l’Université de Californie) a démontré que le fait de recevoir des likes sur Facebook libérait de la dopamine, une hormone du circuit de la récompense et du processus addictif.

 

Les addictions aux écrans : une problématique réservée aux enfants ? 

Non, bien évidemment, les problématiques liées aux écrans concernent aussi les adultes. Pour preuve, d’après le Baromètre MILDCA/Harris Interactive 2021, 8 Français sur 10 sont conscients de ne pas maîtriser leurs usages d’écrans, sans pour autant être en mesure de les changer.

Néanmoins, les effets néfastes chez les enfants pourraient entraîner des conséquences plus importantes, notamment sur l’apprentissage, la concentration ou sur le développement du cerveau de manière générale.

Un enfant en train de regarder un ordinateur

Les écrans chez le jeune enfant

Les écrans favorisent certains apprentissages certes, mais avant 3 ans, il est recommandé d’éviter au maximum l’exposition aux écrans. L’idéal serait de consacrer ce temps à d’autres activités qui pourraient développer la motricité fine, le développement cognitif ou la créativité de l’enfant, par exemple. 

Avant toute chose, il est important de comprendre les risques pour l’enfant, liés à une exposition aux écrans.

 

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Les écrans et les enfants : quels risques sur la santé ?

Il existe plusieurs risques liés à l’utilisation des écrans. Néanmoins, il y a des risques plus importants que d’autres. Parmi les risques les plus importants, il y a les troubles de la vision ou du langage, par exemple. 

 

Les troubles de la vision

En effet, l’utilisation des écrans chez les enfants peut générer des troubles de la vision et notamment la myopie. C’est tout particulièrement avant l’âge de 6 ans que les écrans affectent l’accommodation visuelle et la maturation des voies visuelles. Ils participent à la fatigue visuelle et sont en partie responsables de l’augmentation de la myopie.

On estime que près d’1 humain sur 2 sera myope en 2050 car parmi les facteurs responsables du développement de la myopie comportementale se trouvent les écrans des ordinateurs, smartphones, tablettes ou téléviseurs.

 

Enfant regardant un adulte

 

Les troubles du langage

Prenons l’exemple d’un enfant qui regarderait les écrans dès le matin. Il aurait 3 fois plus de risques de développer des troubles primaires du langage. Un risque accru s’il ne parle pas de ce qu’il a vu sur son écran.

Pour développer son langage, l’enfant a besoin de discuter avec les autres enfants, les adultes, d'entendre les intonations des voix, de pouvoir les imiter, de voir les réactions. Des éléments qui sont imperceptibles au travers d’un écran.

 

Les conséquences des écrans sur le corps d’un enfant

En plus de la myopie que nous avons évoquée précédemment, les écrans peuvent favoriser d’autres problématiques sur le corps des enfants, telles que : 

  • Des tensions cervicales
  • Des courbatures
  • Des orientations de la colonne vertébrale
  • Des sollicitations intensives des muscles du cou

Pour limiter ces risques, il existe des solutions : favoriser les mouvements, les déplacements, le sport régulier, des temps d’ateliers créatifs sans écrans et limiter la durée d’utilisation des écrans.

Enfant en train de jouer à la talbette

Comment réduire les risques des écrans pour les enfants ?

Même si nous recommandons, tout comme le Gouvernement, aucune exposition aux écrans avant l’âge de trois ans, nous savons aussi que cela n’est pas toujours possible, pour différentes raisons.

C’est pourquoi, nous vous proposons quelques astuces pour vous permettre de réduire les risques liés à l’utilisation des écrans.

 

Limiter les troubles de la vision

Pour éviter la fatigue visuelle, il est recommandé de regarder l’horizon toutes les 20 minutes, durant 20 secondes.

 

Limiter les troubles du langage

L’idéal est de pousser l’enfant à échanger avec vous, par le biais d’une comptine, d’une conversation ou de livres par exemple. Vous pouvez aussi inciter votre enfant à parler de ce qu’il a vu sur l’écran. Si l’on regarde un écran avec son enfant, nous avons la possibilité d’interagir positivement avec lui pour lui expliquer certains mots, faire des liens logiques avec la vie courante ou favoriser la curiosité de l’enfant en lui posant des questions.

Une professionnelle de crèche en train de lire un livre aux enfants

Limiter les troubles du sommeil

Les écrans retardent l’endormissement et altèrent la qualité du sommeil. La lumière des écrans mobilise l’attention, augmente le niveau d’éveil et retarde l’endormissement. Une dette de sommeil chronique impacte toutes les fonctions physiques de l’enfant : la croissance, le comportement, la mémorisation, les défenses immunitaires, etc.

Pour limiter voire éviter complétement ces effets, vous avez la possibilité, juste avant le moment du coucher, de raconter une histoire à votre enfant, une petite chanson, une comptine ou une berceuse. Même 5 à 10 minutes suffisent.

De manière générale, il existe aussi d’autres solutions qui permettent une utilisation raisonnée des écrans. 

Comment favoriser une utilisation raisonnée des écrans pour les enfants

Ne pas laisser un enfant seul avec un écran

La première étape serait de ne jamais laisser un jeune enfant, seul, avec un écran dans une pièce. De cette manière, vous êtes capables de vérifier les contenus consommés par l’enfant. Par ailleurs, vous êtes maître du temps qu’il passe sur les écrans et vous pouvez ainsi contrôler la durée passée sur l’écran et limiter la surexposition. C’est aussi un moyen de favoriser la communication et les interactions avec l’enfant.

 

Eviter la télévision en fond sonore

Il faudrait aussi éviter la télévision en fond sonore. Même sans être devant un écran, le fond sonore de la télé peut empêcher l’enfant d'interagir avec son environnement et menacer son développement langagier et intellectuel. Il peut aussi être soumis à des contenus inappropriés à son âge. Par ailleurs, comme nous l’évoquions plus tôt dans l’article, la télévision contient aussi son lot d’animations visuelles et sonores pour retenir notre intention. Vous serez donc plus facilement attiré par la TV, tout comme votre enfant.

 

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Adopter une bonne posture pour regarder les écrans

Il est aussi important de vérifier et corriger la posture de l’enfant durant son exposition aux écrans, pour limiter les risques sur le corps humain. La bonne posture a adopté est d’avoir les jambes à 90°, l’écran situé à hauteur des yeux et un écran situé à une distance raisonnable. Pour information, il est recommandé de positionner l’écran à une distance 2 fois supérieure à sa diagonale.

Enfant et sa maman en train de regarder la télévision

Quels sont les temps d’écran à proscrire ?

Il y a des moments en particulier durant lesquels il faut essayer d’exclure totalement les écrans :

  • Le matin au réveil, privilégiez le câlin avec votre enfant   
  • Les repas, privilégiez les échanges  
  • Le coucher, privilégiez une ou deux belles histoires 
  • Lors d’un moment festif, privilégiez la convivialité de ces moments-là 
  • Lors des promenades en nature, privilégiez les expériences motrices et sensorielles

S’il n’y avait qu’une notion à retenir, ça serait la théorie des 3-6-9-12, émise par Serge Tisseron à partir d’une métaphore alimentaire. 

Qui est Serge Tisseron ?

Serge Tisseron est docteur en psychologie et membre de l’Académie des technologies. Ses recherches portent, entre autres, sur les relations aux images et le rapport des enfants aux nouvelles technologies.

Sa métaphore est la suivante : l’estomac d’un bébé ne digère pas le beefsteak, mais le lait ! C’est pareil pour les écrans :

  • Avant 3 ans, l’enfant ne peut pas « digérer » les écrans.
  • À partir de 3 ans, il peut commencer les écrans progressivement comme pour une diversification alimentaire.
  • Entre 3 et 6 ans, il profite du plaisir partagé des écrans (moyen métrage, possible création manuelle numérique, jeux vidéo ensemble…), tout comme on prend plaisir à manger à plusieurs.
  • Entre 6 et 9 ans, fixez un temps d’écran autorisé et laissez la liberté à l’enfant de le répartir comme il le souhaite.
  • À 12 ans, la vigilance parentale est de mise sur le contenu et la durée d’exposition.

Il n’est pas toujours facile d’empêcher ou de limiter l’utilisation des écrans. Il existe néanmoins des solutions alternatives comme des activités qui pourraient remplacer l’utilisation des écrans.

 

Découvrez nos activités

 

Quand on évoque le sujet des écrans chez les jeunes enfants, il ne faut pas être idéaliste, ni même culpabilisant. Nous sommes conscients de l’importance des écrans dans nos vies. Nous sommes aussi conscients qu’il n’est pas toujours possible de proscrire ou réguler l’utilisation d’un écran. Le plus important est de connaître les risques et les avantages des écrans tout en étant capable, autant que possible, de favoriser une utilisation raisonnée et adaptée des téléphones, télévisions ou tablettes.

 

 

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(1)Dossier de presse du Gouvernement « Pour un usage raisonné des écrans par les enfants » - 2023
(2)Jean-Philippe LACHAUX, « L’économie cérébrale de l’attention » - 2014

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